MAYDAY : appel de détresse principalement lancé par les bateaux et les avions. Terme utilisé depuis le début du 20e siècle, probablement emprunté du français
« Venez m’aider ! »

 

Chorégraphe et directrice artistique de MAYDAY, Mélanie Demers fait de la scène une tribune où questionner le rôle de l’artiste et du théâtre, un espace où réfléchir collectivement au sort du monde et des individus. Sans adopter de ton accusateur ni céder à un défaitisme stérile, elle tire la sonnette d'alarme en mettant en lumière les zones d'ombre de la condition humaine. Résolument engagées, ses œuvres sont à la fois des appels au secours et une invitation à la transformation. C’est pour cela qu’elle a nommé sa compagnie MAYDAY : elle entend dans ce cri l'espoir autant que la détresse.

 

Depuis sa fondation en 2007, MAYDAY se veut une plateforme d'échanges et de réflexion pour les artistes dont s’entoure Mélanie Demers. Ils viennent de Montréal, port d'attache de la compagnie, ou d'ailleurs dans le monde et sont aussi éclatants qu’éclectiques. Ici, la maturation de l’œuvre est le fait d'un acte collectif. On y retrouve une «physicalité», un rythme et une accumulation d’images propres à MAYDAY qui trouvent résolution dans la rencontre avec le public.

 

Inspirée par les vents de la créativité qui soufflent en divers endroits de la planète, MAYDAY produit des œuvres singulières qui témoignent d'une grande liberté d'esprit et de préoccupations très contemporaines. La première pièce à son répertoire est le duo Les Angles Morts. Il questionne notre regard sur le monde en traitant de ce qui échappe à la conscience; de ce que, par réflexe de survie ou par commodité, on préfère ne pas voir, ne pas sentir, ne pas savoir. Sauver sa peau, créée en collaboration avec la chorégraphe Laïla Diallo, s’attaque aux stéréotypes et lance un appel à la liberté en tentant de concilier unicités et multiples identités. Quant à l’œuvre pour cinq interprètes Junkyard/Paradis, elle explore la dualité du monde et notre capacité à jouir de la vie sachant qu’elle est porteuse d'horreur tout autant que de grâce. Tandis que Junkyard/Paradis poursuit sa tournée, Mélanie Demers œuvre à nouveau et crée le quatuor Goodbye, présenté en première au Festival TransAmériques en mai 2012. Cette œuvre à la forme labyrinthique, grinçante et esthétique, démonte les ficelles de la représentation pour nous offrir un croustillant petit guide de l'adieu. Sa fascination pour la cohabitation du mot et du geste se cristallise avec WOULD, une oeuvre qui remporte le Prix du CALQ pour la meilleure œuvre chorégraphique dans le cadre des Prix de la danse de Montréal, en 2015.

 

Structure des plus nomades, MAYDAY multiplie les collaborations internationales et peut se vanter, malgré son jeune âge, d'être l’une des rares compagnies canadiennes à s’être déjà produite en Amérique, en Europe, en Asie ainsi qu’en Afrique.