Concept et chorégraphie : Mélanie Demers
Conception sonore : Jacques Poulin-Denis 
Lumières : Alexandre Pilon-Guay
En scène : Angie Cheng, Mélanie Demers, Brianna Lombardo, Nicolas Patry
Jacques Poulin-Denis

Junkyard : n.m. (de l’angl. junk + yard / jardin de débris) 1. Décharge. Dépotoir. Dépôt d’ordures, de vidanges. 2. FAM. Endroit où l’on relègue des personnes jugées médiocres.

Paradis : n.m. (du lat. paradisus, du gr. paradeisos, jardin) 1. Lieu, séjour enchanteur. 2. Dans diverses religions, séjour des justes après la mort. 3. Galerie supérieure d’une salle de théâtre.

Junkyard/Paradis existe en un fragile équilibre entre l’horreur et le bonheur, l’élégant et le répugnant, entre la grâce et la désolation. Bientôt, il se crée un monde où les forces s’opposent et où les glissements opèrent. Ce qui se perçoit d’abord comme jeu d’enfants devient jeu de pouvoir. Ce qui se lit à première vue comme passion devient compassion. Ce qui semble inoffensif devient soudainement fatal. Ce qui se veut passage vers la mort devient ticket pour la vie. Et ce qui se voulait être jardin d’Éden n’est plus que jardin de débris.

Entre envolées lyriques et descentes cauchemardesques, alors que l’un peut à tout moment se transformer en l’autre, Junkyard/Paradis joue avec le visible et l’invisible, avec le toujours présent et l’évanescent. On s’y interroge sur ce qui est précieux et prêt à jeter. Sur ce qui fait de nous des êtres humains ou de vulgaires pions, sur notre capacité à lire le monde, le comprendre et y déceler un peu de beauté dans la décharge quotidienne de nos vies.

Junkyard/Paradis est une coproduction avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et l’Agora de la danse (Montréal). Le projet a reçu le support du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, a bénéficié du soutien de Circuit-Est centre chorégraphique et a fait l’objet de résidences de création à l’Usine C (Montréal), au festival Operaestate Veneto (Bassano) et au CCN de Caen/Basse-Normandie.


Une signature dans la gestuelle et dans la structure de l’espace physique et émotif.Une parole, politique et poétique, urgente et nécessaire. Une hyperconscience de ce qu’est la représentation, de ses magies et de sa portée circonscrite. Autant de traits d’intelligence qui permettent de dire que Junkyard/Paradis est un foutu beau désordre. Et que Mélanie Demers est en train de devenir une grande chorégraphe. Chapeau.
C. Lalonde, Le Devoir, février 11